Volare est un roman de Serena Giuliano qui mêle humour, émotion et chaleur italienne pour raconter une traversée intime de la dépression vers la reconstruction.
L’héroïne, Ambre, a en apparence »tout pour être heureuse » : un métier au contact d’adolescents, une meilleure amie aussi indispensable qu’excentrique, Manuela, deux sœurs jumelles qu’elle aime »comme une mère » et même un animal de compagnie à l’aile brisée.
Pourtant, sans événement déclencheur évident, l’énergie se retire, la lassitude s’installe et le diagnostic tombe : dépression. Un mot qu’Ambre peine à accepter tant il contredit l’image qu’elle a d’elle-même. C’est alors que Manuela »prend les choses en main » et l’expédie en Sicile, dans une retraite spirituelle organisée par sa cousine : Ambre n’a rien d’une adepte de la spiritualité, mais l’île lui propose autre chose qu’un remède miracle. Du temps, de l’air, des plaisirs simples et concrets, la mer, une Vespa, Stromboli, les cannoli.
Le cœur du livre se loge dans ce contraste : à la grande fatigue répond une géographie sensuelle, et à l’injonction de »se reprendre » répond l’apprentissage patient de gestes minuscules, respirer, manger, sortir, rire, qui, mis bout à bout, font revenir l’élan.
En installant l’amitié au premier plan, comme moteur, comme filet, parfois comme maladresse aimante, Giuliano propose un récit de résilience qui ne nie pas la noirceur mais cherche une sortie par l’humanité du quotidien, portée par des décors siciliens qui font voyager sans jamais remplacer le travail intérieur.

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