Les Sonnets de William Shakespeare. Ils rassemblent 154 poèmes qui sont comme le laboratoire intime du dramaturge anglais.
On y retrouve la forme du sonnet shakespearien : un poème de 14 vers en iambes, trois quatrains suivis d’un distique final qui renverse ou condense le sens, avec la rime ABAB CDCD EFEF GG.
Mais derrière la technique se cache une véritable petite comédie humaine. Les premiers sonnets s’adressent à un Fair Youth, un jeune homme idéalisé qu’on supplie d’avoir des enfants, dont on célèbre la beauté, qu’on aime, qu’on jalouse, qu’on perd.
Plus loin surgit la fameuse Dark Lady, maîtresse charnelle, ambiguë, qui inspire des poèmes de désir, de colère, parfois d’un érotisme cru.
De sonnet en sonnet, Shakespeare explore le temps qui abîme les corps, la promesse de l’art qui survit, la jalousie, la trahison, l’extase et la honte.
Lire ces Sonnets, c’est entendre Shakespeare sans les costumes ni les intrigues : juste une voix qui aime, qui souffre, qui se regarde penser, et qui espère, par la poésie, déjouer un peu la mort.
