Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut de l’Abbé Prévost adopte la forme d’un récit-mémoire : un jeune homme, Des Grieux, confie à un narrateur plus âgé le récit de sa passion et de sa chute.
Tout commence par une rencontre à Amiens avec Manon, destinée au couvent, il s’enfuit avec elle à Paris, persuadé que l’amour suffira, mais l’argent manque vite et le couple se laisse happer par un monde où le luxe et la protection d’hommes riches semblent offrir une issue.
La relation devient alors un engrenage : séparations, retrouvailles, compromissions, mensonges et glissements progressifs vers le jeu, la violence et l’illégalité, comme si la passion rendait acceptable ce qu’il aurait auparavant jugé impensable.
Le roman, jugé scandaleux, est rapidement publié séparément puis censuré en 1733, avant une grande version revue et augmentée en 1753, trajet éditorial qui dit bien le trouble qu’il provoque : il ne condamne pas ses héros de façon simple, il les montre emportés par leurs désirs, leurs faiblesses et les contraintes sociales.
L’intérêt du livre tient justement à cette ambiguïté : Manon n’est ni ange ni démon, Des Grieux n’est ni pur ni cynique et le lecteur oscille entre compassion et malaise devant cette « éducation sentimentale » avant l’heure, où l’amour se confond avec la dépendance et où la morale se fissure sous la nécessité.
En arrière-plan, Antoine François Prévost met en scène une société où l’honneur, la naissance et l’argent organisent les destins : aimer « vraiment » ne protège pas et la quête du bonheur peut devenir une trajectoire de perdition, d’autant plus bouleversante que le récit est raconté comme une confession, avec ses justifications, ses aveuglements et son regret.
En tant que Partenaire Amazon, je bénéficie d’une commission sur les ventes.
Vous bénéficiez des meilleurs prix !
