Publié en 1974, Les armoires vides est le premier roman d’Annie Ernaux, devenue depuis une grande voix de l’auto-sociobiographie et prix Nobel de littérature 2022.
Elle y écrit à partir de sa propre jeunesse : une étudiante de lettres, Denise Lesur, attend seule dans sa chambre de cité universitaire un avortement clandestin, en 1964. Cette attente, brutale, sert de point fixe à partir duquel tout remonte : l’enfance dans l’épicerie-café des parents, en Normandie, la honte de leur milieu modeste, l’école qui ouvre vers un autre monde social, plus bourgeois, mais où elle ne se sent jamais tout à fait à sa place.
C’est un roman de transfuge de classe : Denise aime ses parents autant qu’elle les méprise parfois, déteste ce qui l’enferme et a peur de trahir les siens. Ernaux adopte une langue nerveuse, populaire, pleine de colère, bien plus « à vif » que dans ses livres ultérieurs.
Ce livre invite à découvrir la naissance d’une écriture : celle d’une femme qui ose mettre à nu le corps, la honte sociale, l’avortement, bien avant L’Événement, et qui transforme une expérience intime en radiographie de toute une époque.
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