Résumé de Le Tueur humaniste
Le point de départ joue un paradoxe assumé : Ernest Babinsky a un don du ciel pour viser et tirer. Repêché dans l’orphelinat où il a grandi par un professionnel du crime, il devient malgré lui tueur à gages, mais un tueur qui s’impose une éthique singulière, celle de rendre ses futures victimes heureuses avant de les tuer.
Cette règle, à la fois absurde et troublante, structure le récit comme une suite de missions où l’exécution passe par l’écoute, la mise en scène, parfois l’exaucement d’un dernier vœu : l’assassinat devient l’aboutissement d’un petit théâtre du bonheur et le roman se nourrit de l’écart entre la froideur du contrat et la chaleur inattendue du personnage.
La violence est là, mais traitée sur un mode pince-sans-rire, avec des situations cocasses et une tendresse réelle pour ce héros à contre-emploi.
Derrière le concept, Zaoui interroge surtout ce que vaut une vie quand elle est réduite à un dossier, et comment l’empathie peut devenir un fardeau moral : à force de vouloir bien faire son mal, Babinsky se heurte à la solitude, au manque d’attaches et à des cas où sa méthode se grippe, au point de remettre en cause l’essence même de son métier.
