Le mage du Kremlin
de Giuliano da Empoli

Le mage du Kremlin de Giuliano da Empoli adopte une forme de confession romanesque : le narrateur, en séjour à Moscou, est approché par Vadim Baranov, ancien homme de l’ombre du « Tsar », Vladimir Poutine, qui accepte de raconter comment un pays déboussolé par le chaos des années 1990 a été transformé en machine politique.

Baranov, passé par le monde du spectacle et de la télévision, devient le principal « spin doctor » du régime : il apprend à fabriquer des récits, à mettre en scène la force, à orchestrer la verticalité du pouvoir comme un théâtre où l’image et le mythe comptent plus que les faits.

Le roman traverse des épisodes clés de la Russie post-soviétique (guerre en Tchétchénie, luttes d’oligarques, crises et basculements diplomatiques) et fait sentir, de l’intérieur, l’engrenage par lequel la peur, le ressentiment et l’irrationnel deviennent des ressources de gouvernement.

L’intérêt du livre tient à son ambiguïté volontaire : Baranov est présenté comme un créateur cynique mais lucide, un « poète parmi les loups », inspiré de Vladislav Sourkov et le récit interroge la séduction du pouvoir autant qu’il la décrit, au risque de brouiller parfois fascination et critique.

Cette zone grise nourri des débats : certains y voient une remarquable méditation littéraire sur l’autocratie, d’autres dénoncent une vision trop « romancée » ou stéréotypée de la Russie et de ses ressorts.

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