Résumé de L'Autre moi
L’Autre moi de Franck Thilliez installe son suspense dans un décor à la fois idyllique et oppressant : Longepin, un site niché au cœur de la forêt de la Grande Chartreuse, où militaires et civils travaillent sur des projets classés secret-défense, dans une communauté privilégiée mais ultra-surveillée et soumise à des règles déroutantes.
Sibylle y arrive avec son compagnon Erwann, docteur en neurosciences, qui voit dans cette intégration la chance de sa carrière et surtout l’espoir que des confrères puissent aider Sibylle à se relever d’un drame. Un accident a coûté la vie à son enfant, l’a contrainte à une douloureuse reconstruction du visage et l’a laissée avec une amnésie post-traumatique et des cauchemars si intenses qu’elle ne sait plus toujours distinguer le rêve de la réalité.
En parallèle, Thilliez fait entrer en scène deux enquêteurs, Vic et Vadim, confrontés à des morts suspectes dont certains éléments se répondent, comme si une logique cachée se mettait en place derrière les apparences.
Le roman joue alors sur un vertige très thilliezien : plus l’environnement se veut sécurisé, plus il ressemble à une cage, et plus la quête de réparation intime se heurte à des mécanismes collectifs qui brouillent les repères.
Quand le trauma fracture la perception, qu’est-ce qui relève de soi, et qu’est-ce qui a été déposé en vous par la peur, la manipulation ou le contexte ?
Thilliez propose un polar à puzzle où l’émotion se mêle à une tension de huis clos à ciel ouvert, jusqu’à faire de la mémoire, le champ de bataille principal.
