La Vague de Todd Strasser met en scène un professeur d’histoire, Ben Ross, qui cherche à faire comprendre à ses élèves comment un peuple a pu basculer dans le nazisme. Pour frapper les esprits, il lance en classe un mouvement expérimental fondé sur la discipline, la communauté et l’action, avec un slogan martelé et des règles de plus en plus strictes.
En quelques jours, l’adhésion devient grisée par le sentiment d’appartenir à une « élite » et le lycée se transforme en microcosme autoritaire : les élèves se surveillent entre eux, l’esprit critique recule, la pression du groupe marginalise ceux qui doutent, tandis que l’enseignant lui-même se laisse happer par l’efficacité inquiétante de son dispositif.
Le roman fonctionne comme une démonstration narrative des mécanismes de la conformité : la promesse d’ordre et d’appartenance simplifie le monde, récompense l’obéissance et rend la transgression (refuser le salut, questionner les consignes, rester à l’écart) socialement coûteuse, ce que le personnage de Laurie, progressivement alarmée, permet de rendre sensible de l’intérieur.
Cette fiction s’enracine dans une histoire réelle : elle adapte un téléfilm de 1981 lui-même inspiré de « l’expérience de la Troisième Vague », menée en 1967 par Ron Jones dans un lycée de Palo Alto, lorsque l’expérience s’est emballée au-delà de la salle de classe.
La Vague frappe moins par des rebondissements spectaculaires que par sa logique implacable : elle rappelle que l’autoritarisme ne naît pas seulement de « monstres », mais peut surgir de réflexes ordinaires, désir d’être accepté, besoin de certitudes, goût du pouvoir, dès lors qu’un cadre charismatique les organise.
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