Éloge du risque
de Anne Dufourmantelle

Dans Éloge du risque, l’essayiste et psychanalyste Anne Dufourmantelle s’attaque à une obsession contemporaine : la sécurité érigée en valeur suprême, qui transforme l’existence en suite de précautions, de calculs et d’évitements, au point d’appauvrir la vie elle-même.

L’ouvrage avance une idée dérangeante mais féconde : le risque n’est pas seulement un danger à réduire, c’est un passage, une exposition au non-savoir, qui rend possible l’événement, l’inespéré et donc une véritable intensité d’existence.

Plutôt que d’opposer naïvement prudence et témérité, Dufourmantelle explore le risque comme un geste intérieur : accepter de perdre une position confortable, consentir à l’incertitude, traverser une nuit psychique où l’on ne maîtrise plus les conséquences et où la décision engage le corps autant que la pensée.

Le livre progresse par courts chapitres qui déplacent la question dans des domaines très concrets, l’amour, la séparation, la dépendance, la vie sociale, le langage, jusqu’aux biotechnologies, pour montrer que « risquer » n’est pas un thème marginal, mais une structure de la liberté : aimer, parler, créer, rompre, s’attacher, c’est déjà accepter une part d’incontrôlable.

L’analyse, nourrie de philosophie et de psychanalyse, insiste aussi sur le paradoxe moderne : plus on promet d’abolir le risque, plus on fabrique des existences inhibées, hantées par l’anticipation du pire et donc moins aptes à choisir.

Au bout du compte, l’essai se lit comme une invitation exigeante : non pas « prendre des risques » pour le frisson, mais prendre le risque de vivre vraiment, c’est-à-dire d’ouvrir en soi un espace où le désir, la rencontre et la transformation redeviennent possibles.

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