Discours de la servitude volontaire
de Étienne de La Boétie

Le texte d’Étienne de La Boétie est un réquisitoire fulgurant contre la tyrannie qui part d’une question dérangeante : comment un seul peut-il dominer des multitudes, sinon parce que celles-ci consentent, d’une manière ou d’une autre, à leur propre asservissement ?

Rédigé très tôt (souvent daté autour de 1548-1549) et publié plus tard au XVIᵉ siècle, le Discours examine moins la violence brute que les ressorts intimes et sociaux de l’obéissance : l’habitude qui émousse le désir de liberté, l’oubli de ce qu’est une vie libre, l’« enchantement » par les divertissements, les récompenses et les petites faveurs et surtout la chaîne des intermédiaires (ceux qui servent le tyran parce qu’ils y trouvent un intérêt) qui stabilise le pouvoir.

La force du livre tient à cette idée paradoxale de « servitude volontaire » : la domination ne tient pas seulement à la contrainte, mais à une participation collective, parfois inconsciente, qui finit par faire aimer l’ordre établi, même injuste. Pour La Boétie, la sortie n’exige pas forcément l’insurrection héroïque , elle commence par un geste logique et radical : cesser d’alimenter le système, retirer son soutien, refuser de servir, car le tyran « tombe » dès lors que la base se dérobe.

L’œuvre se lit aussi comme une leçon de rhétorique humaniste : interrogations oratoires, apostrophes au lecteur, exemples historiques et tonalité indignée construisent une argumentation qui vise à réveiller les consciences, en rappelant que la liberté n’est pas un luxe mais une disposition naturelle qu’il faut entretenir, individuellement et collectivement.

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