Combat toujours perdant marque le retour de Michel Houellebecq à un format bref et frontal : un mince recueil composé de 38 poèmes inédits.
L’ensemble condense ce que son œuvre ausculte depuis longtemps : la solitude, le désenchantement, le vieillissement, l’impression de déclin intime et collectif mais avec l’immédiateté propre au poème, qui coupe dans le vif et laisse les blancs résonner.
Houellebecq alterne vers et prose, fragments sombres ou ironiques, notations triviales et aphorismes métaphysiques : le livre tient dans cette oscillation, capable d’enchaîner une lucidité désespérée sur la vie et, l’instant d’après, une pointe de sarcasme social.
La phrase « cette vie n’est pas suffisante… » sert de clé : la vie déborde de rêves impossibles et même la mort n’épuise pas la question du manque.
Houellebecq cherche une dignité dans l’échec même, un combat perdu d’avance, mais repris, poème après poème, comme une obstination.

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