Autoportrait en vert de Marie NDIAYE

Dans Autoportrait en vert, Marie NDiaye invente une drôle d’autobiographie : au lieu de se raconter frontalement, elle part à la chasse aux femmes en vert qui ont jalonné sa vie.

Il y a d’abord ce souvenir d’école maternelle : une grande femme brutale, toujours vêtue de vert, qui fait régner la terreur. Puis, aux abords de la Garonne en crue, cette mystérieuse voisine, silhouette verte toujours plantée près d’un bananier, observée jour après jour. Et surtout, la mère de la narratrice, femme en vert intouchable, décevante, métamorphosable à l’infini, figure centrale, froide, insaisissable.

À travers ces apparitions un peu fantastiques, NDiaye compose un autoportrait en creux : c’est son regard qu’elle dévoile, sa manière d’habiter le monde entre hyper-attention aux visages et retrait presque absent. Romancière française née en 1967, future prix Femina pour Rosie Carpe et Goncourt pour Trois femmes puissantes, elle pousse ici très loin ce mélange de réalisme et d’étrangeté qui fait sa marque. Court, hypnotique, illustré de photos, dans Autoportrait en vert, on glisse d’une femme à l’autre comme dans un rêve, sans jamais être sûr de la frontière entre mémoire et fiction.

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