Antigone de Jean Anouilh

Écrite pendant la Seconde Guerre mondiale et créée le 4 février 1944, en plein Paris occupé, au Théâtre de l’Atelier dans une mise en scène d’André Barsacq, Antigone transpose la tragédie antique de Sophocle dans une langue et une atmosphère résolument modernes, où le mythe devient un débat moral et politique à hauteur d’humains.

L’intrigue reprend le nœud classique : après la guerre fratricide, Créon interdit d’ensevelir Polynice, déclaré traître, tandis que la jeune Antigone brave l’édit pour offrir une sépulture à son frère, au nom d’une exigence intérieure qui refuse le compromis.

Face à elle, Créon n’est pas un tyran caricatural : Anouilh en fait un chef pragmatique, obsédé par l’ordre et la survie de la cité, capable d’arguments rationnels et de tendresse, mais prêt à sacrifier l’individu au « nécessaire ».

Autour, Ismène incarne la peur et le désir de vivre « comme tout le monde », tandis que Hémon, pris entre amour et loyauté, révèle le prix intime des décisions politiques. La pièce met ainsi en tension deux visions irréconciliables : la pureté (dire « non » jusqu’au bout, quitte à mourir) et l’arrangement (dire « oui » au réel pour éviter le chaos). Jouée sous l’Occupation, elle a été perçue à la fois comme un appel à la résistance et comme une œuvre ambiguë, ce qui explique la polémique de sa réception dès 1944.

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