Nous qui avons connu Solange de Marie Vareille est une saga familiale à tonalité historique qui fait se répondre des destins de femmes sur plusieurs générations, avec une accroche d’emblée sombre et intrigante : « Le jour où je suis devenue une meurtrière, j’ai cessé d’aimer les mirabelles. »
Le roman s’ouvre dans un monde rural où Célestine grandit à Sarégnac, en Corrèze, déterminée à réussir ses études pour échapper à la vie de labeur promise aux champs.
En parallèle, il bascule en 1945 à Bazillac dans les Hautes-Pyrénées : Solange, 15 ans, est internée dans une école de préservation pour jeunes filles, lieu de discipline et de mise au pas destiné à celles qu’on juge déviantes et elle nourrit une haine tenace envers Célestine.
Toute la tension narrative naît alors d’une question de filiation et de secret : quel lien réel unit ces deux trajectoires que tout semble opposer, et pourquoi cette hostilité ?
Vareille joue du suspense et des révélations pour montrer comment une décision, une rumeur ou une violence institutionnelle peuvent traverser le temps et se transmettre.
C’est un roman d’émancipation autant que de mémoire : derrière les rebondissements, il est question de luttes pour la liberté, de corps contraints, de culpabilité et de loyautés familiales. Avec l’idée de fond, que, les femmes paient souvent le prix du silence imposé.

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