Peste noire de Patrick Boucheron

Dans Peste noire, Patrick Boucheron propose une vaste « histoire totale » de l’épidémie qui ravage l’Europe à partir de 1347, en s’appuyant sur une idée de départ très concrète : comprendre comment la catastrophe a été vécue, racontée, administrée et comment elle a reconfiguré les sociétés médiévales plutôt que d’en rester à l’image figée d’un Moyen Âge noyé dans la « danse macabre ».

Le livre est la version remaniée d’un enseignement donné en 2021 au Collège de France, au moment où la pandémie de Covid-19 rendait brûlante la question de notre rapport au risque, au comptage des morts et à la peur. Boucheron insiste sur ce que l’épidémie fait aux catégories mêmes de l’histoire : comment nommer l’événement, comment penser un temps qui se défait, comment saisir des pertes « impossibles à dénombrer » et comment les pouvoirs tentent malgré tout d’agir face à l’invisible.

L’un des intérêts majeurs du livre tient à son ouverture interdisciplinaire : la peste devient un laboratoire où dialoguent archives, archéologie funéraire, microbiologie, sciences de l’environnement et recherches récentes, de façon à déplacer les vieux clichés et à suivre la circulation du fléau, ses rythmes, ses effets sociaux et politiques.

L’ouvrage ne cherche pas seulement à expliquer « ce qui s’est passé », mais à montrer comment une société affronte la désorganisation : rumeurs, boucs émissaires, décisions brutales, récits consolateurs, mais aussi capacités de survie et de réinvention.

Une enquête sur un désastre « monstre » qui, sans édulcorer la violence, parvient à faire sentir une énergie de vie et de pensée, comme si l’histoire, au lieu d’être un tombeau, redevenait un outil pour comprendre le présent.

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