On ne badine pas avec l'amour
de Alfred de Musset

On ne badine pas avec l’amour est conçu à l’origine comme un théâtre à lire et ne sera créé sur scène qu’après la mort de Musset, le 18 novembre 1861 à la Comédie-Française.

Dans un décor de province, le baron espère marier son fils Perdican à sa nièce Camille, tout juste sortie du couvent. Les retrouvailles, au lieu d’être un élan, tournent au duel d’orgueil et de défiance : Camille se dit détachée de l’amour, Perdican, blessé, décide de la rendre jalouse en courtisant Rosette, jeune paysanne et sœur de lait de Camille.

Le « badinage » devient alors une expérience cruelle : chacun manipule, se protège derrière un masque et l’on glisse d’une comédie mondaine vers une issue tragique, puisque Rosette, prise au piège et témoin de l’aveu final des deux cousins, en meurt. L’analyse de la pièce tient à cette bascule : Musset part d’un jeu sentimental presque léger (le proverbe de salon) pour montrer ce qu’il coûte quand l’amour est traité comme un terrain d’essai.

Derrière l’intrigue, plusieurs lignes de force se répondent : la critique d’une éducation religieuse qui dessèche le désir, la satire des adultes impuissants (précepteurs, gouvernante, clergé) et l’opposition entre l’innocence « naturelle » de Rosette et les raffinements destructeurs des privilégiés.

Écrite au printemps 1834 au retour de Venise et marquée par la relation tourmentée de l’auteur avec George Sand, la pièce devient surtout une leçon amère : à force de se tester, de se venger et de se prouver quelque chose, on finit par confondre la liberté avec la cruauté et l’amour, avec un drame irréversible.

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