La mémoire de Babel (La Passe-Miroir 3) de Christelle Dabos

La mémoire de Babel est le troisième tome de La Passe-Miroir et marque un basculement de la saga vers une enquête plus politique et métaphysique : après « deux ans et sept mois » d’exil sur Anima, Ophélie décide d’agir et part sous une fausse identité pour Babel, arche cosmopolite décrite comme un joyau de modernité, afin de retrouver la trace de Thorn et de comprendre ce que révèlent le Livre de Farouk et les bribes d’informations livrées par « Dieu ».

À Babel, où la mémoire et l’information sont des enjeux centraux, l’intrigue l’oblige à se frotter à des institutions opaques : pour accéder aux indices qu’elle cherche, Ophélie s’insère dans un système d’élite (la « Bonne Famille ») et affronte un monde de codes sociaux, de sélection, de mise à l’épreuve et de surveillance tandis qu’une mort suspecte liée au Mémorial et à la gestion des livres fait planer l’idée d’une mémoire contrôlée et d’un savoir trié.

L’intérêt du roman, au-delà du suspense, tient à ce que Babel fonctionne comme une métaphore de nos sociétés de l’archive : conserver n’est jamais neutre et l’on comprend peu à peu que la « mémoire » peut aussi effacer, censurer, orienter, fabriquer une vérité officielle. Dans ce décor vertical et fascinant, Dabos accentue l’évolution d’Ophélie : plus seule et plus lucide, elle doit apprendre à se définir autrement que par ses appartenances, à lire les objets mais aussi les systèmes et à risquer l’inconfort pour approcher un secret « clef du passé » autant que d’un futur incertain, ce qui donne à ce tome une tonalité d’émancipation, où l’identité se conquiert contre les récits imposés.

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