Je suis Romane Monnier s’ouvre sur un geste minuscule et vertigineux : une jeune femme confie à un inconnu, un soir, son téléphone portable et avec lui l’accès à ses messages, notes, photos, enregistrements bref à toutes les « traces » de sa vie, avant de disparaître.
L’homme, Thomas, la cinquantaine, n’est pas un détective : c’est précisément ce qui rend l’intrigue troublante, car son enquête naît d’une curiosité presque banale, celle que nos appareils alimentent chaque jour et elle le pousse à reconstituer une personne à partir de fragments numériques.
De fil en aiguille, l’exploration du téléphone devient une descente dans l’intime : on découvre une Romane de 29 ans en rupture, en quête d’une vérité sur elle-même et l’énigme de sa disparition se double d’un miroir tendu à Thomas, dont le passé se met à résonner avec ce qu’il lit, comme si l’écran révélait autant celui qui regarde que celle qui est regardée.
Le roman s’inscrit dans une veine chère à l’autrice : sonder nos fragilités contemporaines, mais ici le « monde virtuel » n’est ni décor ni simple thème , il devient une machine narrative qui pose des questions concrètes et morales, qu’est-ce qu’une identité quand elle se résume à des données ? où commence la violence du voyeurisme ? que vaut une vérité reconstituée sans la voix de l’intéressée ?
Sans discours appuyé, le livre fait sentir l’emprise du smartphone sur nos relations et notre mémoire et transforme une enquête quasi policière en réflexion sur la solitude, la honte, le besoin d’être vu et le danger de confondre présence et connexion.
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