Quitter la ville arrive juste après le séisme provoqué par L’Inceste : pour avoir écrit ce livre, Christine Angot a connu à la fois le succès et la mise au ban d’une bonne partie de la société bien-pensante, notamment à Montpellier où elle vit alors. Romancière née en 1959, devenue une figure centrale de l’autofiction française, elle répond ici frontalement à ce déferlement médiatique.
Le livre raconte les répercussions concrètes de L’Inceste : invitations sur les plateaux télé, critiques violentes, lettres, rumeurs, disputes familiales, regards hostiles dans la ville. Angot y mêle souvenirs d’enfance, quand elle s’appelait encore Christine Schwartz, récits de déménagements, scènes de rue, extraits d’interviews, phrases recopiées, pour montrer comment l’écriture déborde sur le réel et transforme sa vie en champ de bataille. Quitter la ville met en exergue la violence du succès et de la médiatisation d’une œuvre, tout en revendiquant une littérature « performative », c’est-à-dire une parole qui agit, qui fait quelque chose au monde et à ceux qui la lisent.
Ce texte bref, nerveux, prend le rythme d’une fuite et d’un exorcisme rageur : il donne à entendre une voix qui refuse de se taire et interroge jusqu’où un écrivain peut aller quand sa propre vie devient le matériau brûlant de son œuvre.
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